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Qui entoure les mères ?

Le dimanche 31 janvier 2021

La mère porte l’enfant
Dedans
Dehors

Elle l’entoure
Elle le contient
Elle le protège
Elle le nourrit
Elle le caresse
Elle le soigne
Elle l’aime
Elle le rassure
Elle est son monde

Jour et nuit
L’enfant habite ses pensées, habite ses rêves

Mais qui s’occupe d’elle ?
Qui la soutient, l’épaule, la protège ?
Qui la nourrit ?
Qui la rassure ?

Il y a 25 ans, je consultais une thérapeute avec mon fils de 2,5 ans et demie, débordé par ses émotions. Après nous avoir observés et écoutés, elle m’a proposé de m’asseoir jambes croisées au sol, de prendre mon fils dans les bras et de le maintenir fermement. Il n’en avait pas envie. Il voulait continuer à courir dans la pièce. Elle m’a encouragé à le garder serré tout en lui expliquant qu’il avait certainement des choses à me dire. Il se débattait, en colère, jusqu’au moment où il a fondu en larmes. Je le rassurais, je le regardais dans les yeux. Et en voyant ses larmes, les miennes se sont mises à couler. La thérapeute est alors venue s’asseoir derrière moi et m’a prise dans ses bras. Elle a regardé mon fils par-dessus mon épaule et lui a dit : « Tu vois, aujourd’hui ton papa n’est pas là, alors je prends sa place. Je prends soin de ta maman pour qu’à son tour elle puisse prendre soin de toi. Tu peux être tranquille. Elle peut se laisser aller sur moi et toi tu peux reposer dans les bras de ta maman qui peut t’écouter. »

Grâce à ce geste, j’ai profondément senti et accepté que pour mener à bien la tâche immense d’aider mes enfants à grandir, j’avais besoin d’avoir « des arrières », de moi aussi pouvoir me reposer sur d’autres qui prendraient soin de moi.

Cela peut être – alternativement ou simultanément - le, la partenaire, la famille, les ami.e.s, les voisin.e.s, des professionnel.le.s choisi.e.s par la mère, la « Société ».

Et bien sûr la mère n’est pas la seule à veiller sur l’enfant. Il existe d’autres modèles et d’autres possibilités.
Le fameux adage africain est si juste : « Il faut tout un village pour élever un enfant. »

Néanmoins, aujourd’hui encore, on demande beaucoup aux mères sans les questionner sur comment elles aimeraient vivre cette expérience à leur manière, singulière, de quoi elles ont besoin. La grossesse, l’enfantement et l’arrivée de l’enfant transforment radicalement une femme. Avec l’arrivée d’un enfant, c’est une tâche immense qui l’attend.

Pourtant la maternité est toujours banalisée ou bien exaltée d’une manière inappropriée.
Et, aujourd’hui encore, les mères se débrouillent comme elles peuvent dans une grande solitude.

En plus des soins dont les femmes peuvent bénéficier individuellement, ceux des sages-femmes, des doulas, entre autre, il est essentiel de continuer à explorer et créer des espaces dans lesquels les mères peuvent se retrouver entre elles, être entendues, soutenues et accompagnées dans cette extraordinaire aventure de devenir mère.

Les séances de yoga – prénatal et postnatal – en plus des bénéfices liés à la pratique, répondent aussi à ces besoins. Ils sont des espaces sécures et de solidarité entre femmes. Des espaces dans lesquels la parole et les corps se libèrent.

Cours de yoga prénatal en ligne pour le moment :

Mardi 19H00
Mercredi 10H00

Formation Professionnelle au Yoga Prénatal : le prochain cycle commence le vendredi 22 janvier 2021, il est toujours possible de s’inscrire

Intéressée d’aller plus loin sur la maternité en tant qu’expérience et institution, je vous recommande la lecture de l’excellent ouvrage d’Adrienne Rich, Naitre d’une femme, 1980

« Le fardeau physique et psychique dont se voit accablée la femme avec enfants, est de loin le plus pesant des fardeaux sociaux. Il ne saurait être comparé à l’esclavage ou au travail mal rétribué, parce que les attaches affectives liant une femme et ses enfants la rendent vulnérable d’une façon que le « travailleur forcé » ne connaît pas ; celui-ci peut détester ou redouter son patron ou son maître, avoir le travail en horreur, rêver de se révolter ou de devenir patron ; la femme chargée d’enfants, elle, est en proie à des sentiments infiniment plus complexes et ravageurs. Amour et colère peuvent coexister ; la colère suscitée par les conditions de la maternité, et qui devient colère contre l’enfant, assortie de la peur de ne pas se montrer suffisamment aimant ; l’irritation tenant à tout ce que nous ne pouvons pas faire pour nos enfants, dans une société aussi mal adaptée aux besoins des hommes, et qui se commue en sentiment de culpabilité et en autodéchirement. Cette « responsabilité impuissante » ainsi que la définie un groupe de femmes, pèse plus lourd encore que le soucis de pourvoir aux besoins d’une vie (…) »

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