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BLOG YOGA et HYPNOSE PERINATAL

Textes : Gina Scarito

 Attendre un deuxième enfant

La semaine dernière vous étiez plusieurs sur le tapis de yoga à partager ce qui vous soucie dans l’attente de votre deuxième enfant. Vous partagiez que vous vous culpabilisez de ne pas prendre autant soin de cette grossesse que de la première. Vous êtes présente à votre aîné.e et souvent vous travaillez, vous avez simplement moins de temps. Vous vous sentez tiraillée entre votre aîné que parfois vous ne pouvez plus prendre dans les bras autant que vous le souhaitez avec votre ventre qui grossit et le bébé que vous portez. Vous êtes souvent plus fatiguée pendant cette deuxième grossesse et cela vous surprend. Pourtant, c’est bien naturel. Votre corps a déjà été éprouvé par une première grossesse et cette fois vous ne pouvez pas vous reposer autant que vous le souhaiteriez.

Partager ce que vous ressentez avec d’autres mamans lève beaucoup d’émotions et vous soulage. Vous n’êtes pas seule à traverser ces moments de doutes alors que vous traversez une période pleine de bouleversements physiques et familiaux.

Lorsque l’on attend un deuxième enfant, on se demande souvent comment on pourra l’aimer autant que le premier et l’on s’inquiète de comment notre aîné réagira et s’il ne se sentira pas délaissé ou mal aimé.

Quand mon deuxième fils est né, il y a 25 ans, je me suis inquiétée pour mon aîné qui avait deux ans et demie. Comment allait-il vivre l’arrivée de son frère ? Comment le rassurer que tout irait bien, que nous allions toujours l’aimer autant. Mes interrogations, mes peurs, mes doutes - étaient apparus dès le début de la grossesse et avait été le sujet de nombreuses conversations avec son papa. Nous l’avons préparé, rassuré, impliqué, nous lui avons lu des albums illustrés.

Quand son frère est arrivé, il était très tendre et attentionné mais vers ses 3 mois, son attitude vis-à-vis de lui a radicalement changé. Je devais être très attentive, à ce qu’il ne fasse pas de mal à son frère. Il était extrêmement agité et nous nous retrouvions à devoir nous fâcher de plus en plus souvent. Il souffrait et nous aussi.

J’ai consulté une thérapeute qui m’avait été recommandée. La première fois, j’y ai été seule avec l’aîné. Après m’avoir encouragé à raconter sa venue au monde et comment nous l’avions désiré, elle m’a demandé de le prendre dans mes bras et de le contenir. Il ne le voulait pas. J’étais assise au sol en tailleur. Je devais le garder fermement dans mes bras et il se débattait. Jusqu’au moment où il s’est mis à pleurer. En le voyant, je me suis mise à pleurer aussi. Monique est alors venue s’asseoir en tailleur derrière moi et m’a prise dans ses bras. Elle a regardé Charles par-dessus mon épaule et lui a dit. Tu vois Charles, aujourd’hui ton papa n’est pas là, alors je prends cette place. Je m’occupe de ta maman comme cela elle peut s’occuper de toi et écouter ce que tu ressens. Ce jour-là j’ai éprouvé – corporellement, intimement - à quel point j’avais besoin de soutien pour accompagner mes enfants.

Nous y sommes retournés à 4. Monique a proposé à Charles de s’installer près d’elle pour s’adresser à nous. Tes parents t’ont dit que tout allait bien se passer et que vous alliez bien vous entendre avec ton frère. Mais je crois qu’ils n’ont pas bien compris. Gina, ce que vit Charles, c’est un peu comme si Philippe te disait en ramenant sa maîtresse (Charles, une maîtresse ce serait une nouvelle amoureuse de papa) : tu verras elle est super mignonne, elle va dormir avec nous, elle va rester pour toujours, mais vous allez bien vous entendre. Et toi, Philippe, c’est comme si Gina te disait que son amant est très mignon, qu’il va rester et que vous allez bien vous entendre. En fait, Charles, tu as envie de jeter ton petit frère dans la poubelle. Le visage de Charles s’est illuminé. Enfin quelqu’un qui me comprend. Tu as même envoie de le mettre dans les toilettes et de fermer le couvercle (avec un geste violent). Charles exulte, nous moins, en jetant un coup d’œil à Vadim dans son maxi cosy. Bien sûr, tu ne peux pas faire cela, mais tu as bien le droit de le ressentir.

Nous avons pris Charles dans nos bras. Oui, nous comprenions mieux ce que Charles ressentait, la violence des émotions qui le traversaient parfois.

Dans les semaines qui ont suivi, tout s’est apaisé imperceptiblement, simplement.

Revenons à vous qui attendez un deuxième bébé. Prenez-le temps de vous poser. De sentir ce qui vous traverse. Écouter votre corps, vos émotions, vos besoins, le bébé qui est en vous. En faisant de la place à vos ressenti, vous serez aussi plus disponible à votre entourage.

Au cours de yoga prénatal, nous commençons par un tour de parole. Chacune dépose ce qu’elle vit dans le moment. Déjà libérée un peu, nous pouvons mettre le corps en mouvement en harmonie avec le souffle. C’est un moment de pause et de ressourcement que vous vous offrez avec le bébé que vous portez. Vous repartez à la fois détendue et avec plus d’énergie.

 MATRIARCAT

Au cours de mes recherches sur la maternité, je glane des mots peu usité ou mal compris. Des mots qui éclairent autrement l’histoire et le monde dans lequel nous baignons. Des mots qui nous permettent de regarder les choses autrement, qui peuvent nous donner des perspectives et des alternatives aux modes d’organisation familiale, économique, sociale que nous connaissons.

Toutes les informations que je rapporte ici sont issues de la recherche de Heide Goettner-Abendroth, philosophe allemande qui se consacre aux études sur les sociétés matriarcales et matrilinéaires.

Le mot matriarcat est de prime abord compris comme l’antonyme du patriarcat. Ce serait un système dans lequel la mère prendrait l’ascendant dans la sphère familiale et sociale. Or, il n’en est rien si on étudie la longue histoire de l’humanité.

Commençons par l’étymologie. Le terme grec « arkè » que l’on retrouve dans les deux mots veut à la fois dire « domination » et « début ». Ce sont deux significations bien distinctes. Matriarcat signifie mères depuis le début en référence au fait qu’elles sont à l’origine de la vie en donnant naissance mais aussi qu’elles initient la culture. Alors que le patriarcat s’est imposé par la domination faute de pouvoir revendiquer d’être à l’origine et signifie l’hégémonie des pères.

Ce n’est que depuis 3 à 4000 ans et plus tard dans d’autres parties du monde que le patriarcat s’est propagé et imposé. En quelques siècles de domination patriarcale, les récits historiques ont gommé des millénaires de civilisations matriarcales qui les ont précédé.

La caractéristique principale des sociétés matriarcales dont on retrouve des traces sur tous les continents c’est qu’elles ont égalitaires entre les sexes. Des sociétés dans lesquelles il n’y a pas de hiérarchie de genre où une personne est supérieure à l’autre, ni de métier supérieur, ni d’activité supérieure à une autre.

Dans son livre, Les Sociétés Matriarcales, Recherches sur les cultures autochtones à travers le monde, traduit en français en 2019, Heide Goettner, documente de manière très large et très fouillée, les différentes formes que prennent ces formes d’organisations sociales non patriarcales au travers de l’histoire et de par le monde.

Pour citer un exemple, les cultures matriarcales de l’Inde du Nord-Ouest ont joui d’une longue continuité jusqu’à l’arrivée d’envahisseurs patriarcaux et ont également profondément influencé l’Inde du Sud jusqu’à nos jours Les sites les plus célèbres qui témoignent de ces formes de civilisations sont Mohenjo-Daro et Harappa. Tout ce qui témoigne de cette culture pré-patriarcale est appelé dravidien. En Inde du Sud, les villes les plus importantes, Calcutta et Calicut, portent le nom de l’ancienne déesse Kali.

Dans la période de chaos que nous traversons et qui met en lumière les limites du système politique, social et économique dans lequel nous vivons et que les structures patriarcales qui les fondent sont remises en question lorsque nous envisageons de construire un monde plus égalitaire, nous pouvons trouver beaucoup d’inspiration dans ces civilisations qui nous ont précédées.

 Mansplainer, mansplaining, kesaco ?

En juin 1995, je m’inscris à un stage de chant indien avec le célèbre obstétricien Frédérick Leboyer. Je demande à l’organisatrice si je peux venir accompagnée de mon fils de 6 mois. Je suis très excitée à l’idée de rencontrer cet homme que j’admire d’avoir révolutionné les pratiques d’accueil du nouveau-né grâce à son livre, Pour une naissance sans violence, Je suis intriguée par sa connaissance de la culture et du chant indien. Bref, je suis super enthousiaste.
Nous sommes une petite dizaine de jeunes femmes installées sur des chaises en face de cet homme âgé et nous laissons nos bras s’envoler pour installer les 8 notes du raga indien sur des cordes à linges imaginaires.
Tout à coup, Mr Leboyer s’arrête et se tourne vers moi en désignant mon fils qui gazouille à mes pieds sur sa couverture. « Pourquoi posez-vous ce pauvre enfant sur le dos comme une tortue retournée sur sa carapace ? » Sa remarque, soudaine, devant toute l’assemblée, me blesse mais je réponds, du tac au tac, que c’est parce ce que cela lui convient manifestement. Il poursuit : « Et vous devriez lui retirer cette tétine de la bouche, c’est comme si vous lui donniez du coca cola ».
A partir de ce moment, chanter m’amuse beaucoup moins et je rumine ce qui vient de se dire. Mais pour qui il se prend ? Que sait-il des besoins de mon enfant qu’il ne connaît pas et duquel je prends soin jour et nuit.
La pause déjeuner couronne et conclut cette brève relation. Alors que nous déjeunons, Frédérick Leboyer discoure sur comment un accouchement doit se passer en faisant référence au film qu’il avait réalisé en Inde, Le sacre de la naissance. Une femme accomplie est capable d’accoucher seule, en chantant et sans douleur. Toutes les femmes autour de la table l’écoute religieusement. Une participante me demande alors comment moi je l’ai vécu. Je raconte en quelques mots mon accouchement à la maison 6 mois plus tôt. Une expérience magnifique mais extraordinairement douloureuse aussi. Frédérick Leboyer m’interromps et assène, que, moi, je ne comprendrais rien avant le 7ème enfant !
J’ai simplement clôturé l’échange avec lui en rétorquant qu’il était un homme et qu’il ne pouvait donc savoir ce que traverse une femme en accouchant. Les femmes présentes étaient choquées. Comment je pouvais m’adresser avec tant d‘arrogance à un médecin obstétricien qui avait autant d’expérience professionnelle et de légitimité intellectuelle ?
Simplement, j’étais une femme qui avait accouché grâce à ses propres ressources.
Au cours de cette première naissance, j’avais contacté une force que je ne me connaissais pas. Elle ne m’a jamais quittée.
Une conviction est née en même temps que mon premier fils :
les femmes doivent pouvoir accoucher comme elles le souhaitent dans un environnement sécure pour elles, avec qui elles le souhaitent, et ce, quel que soit leur choix.
Je n’ai pas toujours eu autant d’assurance et d’à propos - c’est même une exception dans mon parcours de vie. C’est la force extraordinaire que j’avais contactée lors de mon accouchement qui me donnait cette confiance et cette audace.
Je l’ai qualifié de donneur de leçon mais aujourd’hui, les féministes ont un mot précis pour cela, c’est mansplainer . Cela consiste pour un homme à expliquer à une femme quelque chose qu’elle sait déjà, voire quelque chose dont elle est experte, sur un ton paternaliste ou condescendant ou encore ce qu’elle doit ressentir ou faire ou ne pas faire de son corps.

Novembre 2020

 La maman de toutes les mamans

J’étais déjà maman de deux garçons de 6 et 3 ans et demie quand j’ai accouché de deux petites filles. Trois semaines après la naissance de nos jumelles, leur papa devait retourner travailler. Je me suis retrouvée seule le premier soir avec mes quatre petits, fatiguée et un peu perdue. Ce soir-là, comme tous les soirs, j’ai choisi un livre illustré pour lire l’histoire du soir à mes garçons. Ma main n’a pas choisi le livre par hasard. « Pétronille et ses 120 petits » de Claude Ponti - un auteur que je vous recommande - raconte l’histoire d’une maman souris qui a 120 petits. A la deuxième ou troisième page, Pétronille leur donne le biberon sur ses genoux ; un biberon avec cent vingt tétines. Leur papa, Everest, est parti au loin…Comme chez nous… Cela m’a d’entrée réconfortée. Pétronille a 120 petits ! J’étais vraiment une petite joueuse avec mes quatre enfants. Pendant que Pétronille va faire ses courses, le monstre Cafouillon va s’attaquer à elle et, ce monstre, a aspiré une partie de ses petits avec sa trompe. Petronille part en quête de ses enfants disparus. Elle rencontre beaucoup d’obstacles. Quand Pétronille est tout à fait perdue, « la Maman-de-Toutes-les-Mamans », une fée-souris qui apparaît dans le ciel, lui vient en aide en lui faisant un pont par-dessus l’océan avec une mèche de ses cheveux.
Etonnamment, la lecture de cette histoire et en particulier cette illustration de « la Maman-de-Toutes-les-Mamans » m’a mis du baume au cœur et m’a redonné du courage pour faire face à la situation. Grâce à Pétronille et à la fée qui l’avait sauvée, je me suis reliée à toutes les femmes avant moi qui ont mis au monde des enfants et qui en ont pris soin. J’y ai souvent pensé dans les semaines qui ont suivi et jusqu’à aujourd’hui lorsque je rencontre des difficultés avec mes grands enfants, je la convoque.

Depuis plus de vingt ans, j’organise des séances collectives de yoga prénatal et postnatal. Les futures-mamans apprécient énormément d’être au contact d’autres femmes qui traversent le même moment de vie. Elles peuvent partager avec elles leurs questionnements, découvrir qu’elles ne sont pas seules à ressentir certains maux, inconforts, difficultés. Elles se sentent entendues, comprises et peuvent créer des liens.

Lorsque je me suis formée à l’hypnose, je n’ai pas été étonnée que l’on propose aux futures-mamans et mamans d’aller à la rencontre de leur alliée intérieure ou symbolique.

Nous pouvons toutes prendre le temps de découvrir notre représentation de cette femme, idéale pour nous, qui a de l’expérience dans la maternité et qui nous relie à toutes les femmes qui nous ont précédé depuis des temps immémoriaux, qui ont mis au monde des enfants et nous ont transmis leur savoir-être et leur savoir-faire de maman.

En dehors des grossesses, chaque femme peut faire appel à sa guide intérieure.

A cette occasion vous découvrez également ce dont vous avez besoin. Quelles qualités, aptitudes aura votre alliée et les personnes dont vous allez vous entourer pour traverser la maternité ? A-t-elle une écoute enveloppante ? A-t-elle juste les mots qu’il faut pour vous réconforter ? Aimeriez-vous qu’elle mette la main sur votre épaule ou vous prenne dans ses bras ? Sent-elle bon ? Avez-vous juste besoin de sentir sa présence ?

Certaines femmes – pour des raisons qui leurs appartiennent - ne sont pas inspirées par une alliée qui soit une femme.
Pour l’une, le compagnon est la personne ressource.
Pour l’autre il s’agit d’un animal ou des animaux - comme par exemple les animaux de la forêt- ou d’une autre forme de la nature comme un arbre.

Autorisez-vous à vous connecter à ce qui vous inspire, ce dans quoi vous trouvez soutien et sécurité quand vous en avez besoin.

Bien sûr, il y a les femmes et les personnes sur lesquelles vous pouvez vous appuyer - pas seulement symboliquement - que ce soit dans votre entourage ou parmi les professionnel.le.s de la périnatalité (sages-femmes, kinésithérapeutes, doulas, ... ). Vous les choisirez d’autant mieux que vous serez alignée avec vos besoins et que vous puissiez demander et recevoir, deux aptitudes que nous n’avons pas toujours développées de façon optimum.

La RELAXATION et l’ HYPNOSE sont un des ingrédients du cours de yoga postnatal mais les séances sont avant tout faites de mouvements, de postures, d’attention à la respiration et au périnée pour une proposition globale en vue du bien-être et de la remise en forme des mamans dans la première année de leur bébé.
Depuis peu, à la demande des mamans, j’ai étendu les cours de yoga postnatal des premiers 6 mois à la première année du bébé. Le temps qu’il faut pour se remettre d’un accouchement - vaste question discutée - sera l’objet d’un autre article intitulé "9 mois pour faire, 9 mois pour défaire ?".

Juin 2020

 Qui entoure les mères ?

La mère porte l’enfant
Dedans
Dehors

Elle l’entoure
Elle le contient
Elle le protège
Elle le nourrit
Elle le caresse
Elle le soigne
Elle l’aime
Elle le rassure
Elle est son monde

Jour et nuit
L’enfant habite ses pensées, habite ses rêves

Mais qui s’occupe d’elle ?
Qui la soutient, l’épaule, la protège ?
Qui la nourrit ?
Qui la rassure ?

Il y a 25 ans, je consultais une thérapeute avec mon fils de 2,5 ans et demie, débordé par ses émotions. Après nous avoir observés et écoutés, elle m’a proposé de m’asseoir jambes croisées au sol, de prendre mon fils dans les bras et de la maintenir fermement. Il n’en avait pas envie. Il voulait continuer à courir dans la pièce. Elle m’a encouragé à le garder serré tout en lui expliquant qu’il avait certainement des choses à me dire. Il se débattait, en colère, jusqu’au moment où il a fondu en larmes. Je le rassurais, je le regardais dans les yeux. Et en voyant ses larmes, les miennes se sont mises à couler. La thérapeute est alors venue s’asseoir derrière moi et m’a prise dans ses bras. Elle a regardé mon fils par-dessus mon épaule et lui a dit : « Tu vois, aujourd’hui ton papa n’est pas là, alors je prends sa place. Je prends soin de ta maman pour qu’à son tour elle puisse prendre soin de toi. Tu peux être tranquille. Elle peut se laisser aller sur moi et toi tu peux reposer dans les bras de ta maman qui peut t’écouter. »

Grâce à ce geste, j’ai profondément senti et accepté que pour mener à bien la tâche immense d’aider mes enfants à grandir, j’avais besoin d’avoir « des arrières », de moi aussi pouvoir me reposer sur d’autres qui prendraient soin de moi.

Cela peut être – alternativement ou simultanément - le, la partenaire, la famille, les ami.e.s, les voisin.e.s, des professionnel.le.s choisi.e.s par la mère, la « Société ».

Et bien sûr la mère n’est pas la seule à veiller sur l’enfant. Il existe d’autres modèles et d’autres possibilités.
Le fameux adage africain est si juste : « Il faut tout un village pour élever un enfant. »

Néanmoins, aujourd’hui encore, on demande beaucoup aux mères sans les questionner sur comment elles aimeraient vivre cette expérience à leur manière, singulière, de quoi elles ont besoin. La grossesse, l’enfantement et l’arrivée de l’enfant transforment radicalement une femme. Avec l’arrivée d’un enfant, c’est une tâche immense qui l’attend.

Pourtant la maternité est toujours banalisée ou bien exaltée d’une manière inappropriée.
Et, aujourd’hui encore, les mères se débrouillent comme elles peuvent dans une grande solitude.

En plus des soins dont les femmes peuvent bénéficier individuellement, ceux des sages-femmes, des doulas, entre autre, il est essentiel de continuer à explorer et créer des espaces dans lesquels les mères peuvent se retrouver entre elles, être entendues, soutenues et accompagnées dans cette extraordinaire aventure de devenir mère.

Les séances de yoga – prénatal et postnatal – en plus des bénéfices liés à la pratique, répondent aussi à ces besoins. Ils sont des espaces sécures et de solidarité entre femmes. Des espaces dans lesquels la parole et les corps se libèrent.

Intéressée d’aller plus loin sur la maternité en tant qu’expérience et institution, je vous recommande la lecture de l’excellent ouvrage d’Adrienne Rich, Naitre d’une femme, 1980

« Le fardeau physique et psychique dont se voit accablée la femme avec enfants, est de loin le plus pesant des fardeaux sociaux. Il ne saurait être comparé à l’esclavage ou au travail mal rétribué, parce que les attaches affectives liant une femme et ses enfants la rendent vulnérable d’une façon que le « travailleur forcé » ne connaît pas ; celui-ci peut détester ou redouter son patron ou son maître, avoir le travail en horreur, rêver de se révolter ou de devenir patron ; la femme chargée d’enfants, elle, est en proie à des sentiments infiniment plus complexes et ravageurs. Amour et colère peuvent coexister ; la colère suscitée par les conditions de la maternité, et qui devient colère contre l’enfant, assortie de la peur de ne pas se montrer suffisamment aimant ; l’irritation tenant à tout ce que nous ne pouvons pas faire pour nos enfants, dans une société aussi mal adaptée aux besoins des homes, et qui se commue en sentiment de culpabilité et en autodéchirement. Cette « responsabilité impuissante » ainsi que la définie un groupe de femmes, pèse plus lours encore que le soucis de pourvoir aux besoins d’une vie (…) »

Janvier 2020

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